Même la plus forte des personnes ne peut survivre aux lamentations du temps des fêtes. Telles des âmes perdues errants entre deux mondes, tous les célibataires s’entendent pour rendre ces jours les plus pénibles possible tout en s’assurant d’entraîner le plus de gens dans leur secte. Les souvenirs deviennent des regrets, les pensées se bousculent afin de trouver ce qui pourrait justifier la situation de solitude. Le parcours naturel qui a brusquement pris le ravin, alors qu’il était pourtant sur le bon chemin. J’aurais voulu sauter par-dessus ce moment, mais il semblerait qu’à force de me faire rappeler ma maladie – soit le célibatairisme aigüe – j’ai fini par comprendre que ce n’était pas tout à fait bénin. Avec les expressions simili-scientifiques des docteurs Phil, j’ai du mal interpréter le diagnostic, que j’ai eu le malheur de banaliser. En fait semblerait-il que l’odeur des sapins, les lumières multicolores, le consommateurisme et les chansons redondantes nous plongent dans une nostalgie sans fond, ou nous rappelle que nous aimerions avoir quelqu’un avec qui se moquer hypocritement de cette fête. Ne suffirait-il pas d’éviter ces éléments déclencheurs afin d’éviter la crise? On pourrait le croire, mais essayez juste pour le fun.
Alors il y a ces personnes qui ne font plus partie de nos vies par choix, d’autres qui se sont défilées sur la pointe des pieds ou celles qui ont démissionnées. Dans l’acharnement la fin n’est pas aussi importante que les quelques bons moments, auxquelles on s’accroche telle une bouée trouée. C’est perdu d’avance, mais on essaie tout de même de rester la tête hors de l’eau. Une bouée reste une bouée n’est-ce pas? Si ce n’est que pour servir de placebo. Garder un peu d’espoir, se dire que s’il y a eu des moments plaisants par le passé, il y en aura sans doute dans le futur.
Je devrais sans doute m’excuser, me repentir devant ces cœurs que j’ai blessés. Mais n’est-ce pas tout à fait prévisible? Deux personnes m’ont demandé si mon ex n’était pas entré en contact avec moi. Je me demandais pourquoi cette question mais je comprends mieux aujourd’hui. Il y a d’autres personnes que je désirerais approcher en ce moment, mais sans trop oser. Des personnes à qui je n’ai pas parlé pendant des mois, voire des années Je ne veux m’attendre à rien, sauf être pardonnée. Quelle sera ma résolution cette année? Ne plus laisser personne entrer dans ma bulle? J’ai lu un texte que je m’étais écrit il y a quelques années, qui décrivait mon incapacité d’aimer, ma toxicité. J’ai peur de m’être guérie de cette affection. Ce que je voulais tant autrefois s’est transformé en quelque chose d’aussi horrible. Je me suis attachée. Attachée à un vide absolu. Un vide sans aucune réciprocité.
Ive been looking for a savior in these dirty streets
Looking for a savior beneath these dirty sheets
Ive been raising up my hands- drive another nail in
Tori Amos – Crucify
But you cannot rely on anyone but yourself. The ones I considered to be angels, I either let them down or they let me down. There’s no such thing as a savior. Even Microsoft word knows this.